Fondé par Guy Neyret après une carrière débutée dans l’univers du briquet Feu d’or et des antivols automobiles, le groupe a posé très tôt les bases d’une technologie devenue sa signature. Tables tournantes indexées, manipulateurs à cames modulaires pouvant combiner jusqu’à six mouvements, pinces spécifiques adaptées aux pièces les plus fines : ces standards ont fait la réputation des machines Neyret dès la fin des années 1980. En 1997, l’intégration de la vision industrielle pour un contrôle qualité à 100 % a constitué un tournant décisif.
Installée à Chaponost depuis 2004, l’entreprise y emploie aujourd’hui 150 personnes et s’appuie, comme ses deux autres sites, sur des équipes de recherche et de conception intégrées. Le processus industriel démarre avec les commerciaux, puis passe entre les mains des deviseurs et du bureau d’études. « Les équipes conçoivent non seulement les automates, mais aussi l’ensemble des programmes pilotant capteurs et manipulateurs. Le contrôle qualité, dimension stratégique pour le groupe, permet de garantir une maîtrise fine des forces appliquées, des débits ou des phases de rodage. C’est l’un de nos atouts différenciants par rapport à certains concurrents asiatiques », précise Bruno Neyret, dirigeant de l’entreprise familiale.
La mise au point d’une machine représente un travail de longue haleine : jusqu’à 1 300 plans peuvent être nécessaires, avec parfois 70 à 100 axes mécaniques. Les délais s’étendent de six mois à deux ans, selon la complexité. Pour une machine d’assemblage de stylos par exemple, ce sont près de 300 000 pièces qui doivent être testées avant d’obtenir un réglage parfait, pour une production finale pouvant atteindre 26 millions d’unités. À Chaponost, les machines produisent entre 20 et 100 millions de pièces par an; en Normandie, au sein de Lagniel, spécialisée dans la cinématique continue, les cadences grimpent jusqu’à 300 millions par an. L’entreprise réalise ainsi chaque année une vingtaine de projets, intégralement testés avant installation chez le client.
Une aventure familiale devenue groupe international
En 2016, à l’âge de 83 ans, Guy Neyret passe le relais à son fils Bruno. Polyglotte, formé notamment en France à l’Ecole des Mines de Paris, celui-ci a dirigé des usines en France, aux USA, en Égypte comme en Chine avant de s’établir à Chaponost. Son arrivée marque une nouvelle phase de structuration. Il modernise Lagniel, qui bénéficiera d’une nouvelle usine propre au secteur Pharma en 2018 pour atteindre 10 300 m², faisant tripler les effectifs du site. Il crée également une filiale en Chine pour la prospection et le service, et plante les jalons d’une implantation américaine en s’appuyant sur Franklin Automation, intégrateur basé à Chicago.
Aujourd’hui, Neyret Group regroupe l’ensemble des activités commerciales, marketing, financières et RH, tandis que chaque filiale conserve une autonomie technique et de production. Si GNSA reste la référence en machines à cinématique indexée, Lagniel s’est imposée dans les très hautes cadences — jusqu’à 1 000 pièces par minute — pour les secteurs pharmaceutique et cosmétique, tandis que Franklin Automation permet d’atteindre directement un marché nord-américain en forte demande.
« Comme beaucoup d’industriels, le groupe fait face à des tensions de recrutement, en particulier sur les postes de techniciens supérieurs », constate Bruno Neyret. En lien avec l’UIMM et grâce à un partenariat avec l’école La Mache à Lyon, plusieurs apprentis ont pu être formés ces dernières années. Le dirigeant identifie également des besoins en infrastructures autour de la zone d’activités de Chaponost : si l’ouverture récente d’un hôtel vient répondre à la demande d’hébergement, l’accès poids lourds reste perfectible selon lui, notamment au niveau du chemin des Mouilles et de la départementale qui nécessiterait l’ajout d’un ralentisseur.
Neyret Group
Siège à Chaponost
CA groupe : 60 millions d’euros par an
Effectif : 280 salariés


